Comment, à la veille de la commémoration du 234ème anniversaire de la cérémonie du BOIS-CAÏMAN, ne pas voir dans le CODE NOIR de 1685, par sa prétention à réglementer tous les aspects de la vie des esclaves africains — imposant le catholicisme, interdisant les cultes africains tout en légitimant la violence extrême — le ferment même de l'insurrection générale des esclaves de 1791 ?
Ce dispositif juridique, en cherchant à anéantir toute forme de résistance, n'a-t-il pas, au contraire, forgé l'unité révolutionnaire autour du vodou et du marronage — valeurs culturelles et de solidarité — qui deviennent la matrice fédératrice de développement de réseaux de résistance des esclaves dans leur quête d'humanité et de liberté ?
Et la cérémonie du BOIS-CAÏMAN représente ainsi la première d’une série de réponses organisées suite à quatre-vingt-six (86) ans d'oppression codifiée, face à un système répressif inique.
En essayant d’anéantir toute forme de résistance, cette ordonnance royale a, au contraire, forgé l'unité révolutionnaire : le vodou, interdit mais pratiqué dans la clandestinité, devint le creuset où elle s'est organisée. En réprimant les rassemblements, le texte colonial a poussé les esclaves à développer des réseaux de résistance plus discrets et plus efficaces.
En niant leur humanité, il a exacerbé leur soif de dignité.
Le CODE NOIR fut, certes, aboli en 1848, mais son héritage ne persiste-t-il pas dans les structures sociales actuelles à travers les inégalités économiques sur fond de préjugés et d’exploitation d’une grande partie de la population par des élites déconnectées de la réalité et corrompues ?
Aujourd'hui, face à la terreur des gangs armés et à ce que d'aucuns assimilent à un manque de proactivité complice des autorités, cette même logique de résistance peut-elle renaître pour démanteler non seulement les groupes criminels, mais aussi écarter les élites politiques et financières qui les alimentent ?
Références bibliographiques
Et la cérémonie du BOIS-CAÏMAN représente ainsi la première d’une série de réponses organisées suite à quatre-vingt-six (86) ans d'oppression codifiée, face à un système répressif inique.
En essayant d’anéantir toute forme de résistance, cette ordonnance royale a, au contraire, forgé l'unité révolutionnaire : le vodou, interdit mais pratiqué dans la clandestinité, devint le creuset où elle s'est organisée. En réprimant les rassemblements, le texte colonial a poussé les esclaves à développer des réseaux de résistance plus discrets et plus efficaces.
En niant leur humanité, il a exacerbé leur soif de dignité.
Le CODE NOIR fut, certes, aboli en 1848, mais son héritage ne persiste-t-il pas dans les structures sociales actuelles à travers les inégalités économiques sur fond de préjugés et d’exploitation d’une grande partie de la population par des élites déconnectées de la réalité et corrompues ?
Aujourd'hui, face à la terreur des gangs armés et à ce que d'aucuns assimilent à un manque de proactivité complice des autorités, cette même logique de résistance peut-elle renaître pour démanteler non seulement les groupes criminels, mais aussi écarter les élites politiques et financières qui les alimentent ?
Références bibliographiques
- Trouillot, M.-R. (1977). « Ti dife boule sou istwa Ayiti. »
- Archives nationales d’outre-mer. Ordonnance de mars 1685 sur les esclaves des îles de l’Amérique.
- Library of Congress. « The Code Noir: A Historical Overview. »
- Wikipédia. « Révolte des esclaves à Saint-Domingue en août 1791. »
- Wikipédia. « Code noir. »
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