Quand le réel s’embrouille et devient incompréhensible — à un mois de l’échéance du 7 février 2026 — je prends, l’espace d’un cillement, une tangente entre rêve et veille. De cette errance naît une fiction tenace : j’y vois mon pays retrouver la paix qu’on lui a arrachée et l’impossible se laisser apprivoiser.
Dans ce songe, un Conseil présidentiel de transition (CPT) de neuf (9) membres — six (6) hommes et trois (3) femmes — se forme : technocrates patriotes, ni politiciens de carrière ni opportunistes de circonstance. Leur mission : restaurer la sécurité et organiser des élections dans vingt (20) mois.
Dans ce songe, un Conseil présidentiel de transition (CPT) de neuf (9) membres — six (6) hommes et trois (3) femmes — se forme : technocrates patriotes, ni politiciens de carrière ni opportunistes de circonstance. Leur mission : restaurer la sécurité et organiser des élections dans vingt (20) mois.
Au matin du 25 avril 2024, je les vois installés dans ce qui reste du Palais national : mots sobres, poignées de main franches, sans agenda caché, comme nos hommes politiques se rappelaient enfin qu’ils pouvaient servir. D’un commun accord, ils confient, pour toute la durée de la transition, la présidence à leur doyen d’âge, M. Regynald SANZEGO — Président par devoir plutôt que par ego —, entouré d’une équipe pluridisplinaire. Aucun ne convoite la magistrature suprême ; ils veulent livrer, puis s’effacer.
Aux grands maux, les grands remèdes. Dès la première semaine, ils décrètent l'état de siège, ferment les frontières, interdisent le départ des anciens hauts responsables (ministres, directeurs généraux, administrateurs, comptables publics, etc.) et suspendent les rassemblements publics.
Ensuite, ils publient le Plan de transition intérimaire débattu — pendant un mois, de fin avril à fin mai 2024 — sur les réseaux sociaux, dans les médias et jusque dans la diaspora. De ces échanges naît une « feuille de route » affinée et appropriée par une Nation qui veut, cette fois, la dernière transition.
Dans la foulée, ils promulguent un décret-loi faisant de l'Unité de lutte contre la Corruption (ULCC) une institution indépendante chargée d'enquêter sans entrave. Cette mesure, acclamée par la population et immédiatement remarquée par les partenaires internationaux, donne d'emblée le ton d'une transition placée sous le signe de la transparence et de la redevabilité publiques.
Le 28 mai 2024, un Premier ministre, sobre et déterminé, décidé à n’être « que de passage », est désigné. Le 12juin, il installe un gouvernement composé de dix-huit (18) ministres — dont neuf (9) femmes — retenus après vérification de moralité et compétences.
Et la sécurité… Ah, la sécurité. Elle ne naît pas seulement des uniformes, mais d’un partenariat inédit : le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), celui de la Défense (MD) et de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), portés par trois (3) titulaires aux noms presque programmatiques — M. Stanley JUSTEMOT, M. Pierre-Michel BASTION et Mme Aisha DURE — unissent leurs efforts à ceux du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) et du Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme (MCFDF).
Ensemble, ils lancent une stratégie d’implication citoyenne audacieuse : réseaux de jeunes, brigades civiques, médiateurs et médiatrices de quartier, etc. Ce gouvernement comprend qu’on ne pacifie pas un pays contre sa jeunesse et ses femmes, mais avec elles. Le recrutement armé recule, remplacé par un encadrement institutionnel éclairé.
Aussi, le calme revient-il dans les territoires perdus : les barrages cèdent la place à des vigies d’alerte communautaires ; les routes sont rouvertes, les marchés relancés, les écoles deviennent régulières, les terrains de sport et de loisirs vivent, et la nuit recommence à respirer de l’ambiance socio-culturelle. La Police nationale d’Haïti (PNH), soutenue et auditée, reprend le dessus sur les gangs armés ; la justice et les programmes d’insertion socio-économique suivent, et l’autorité de l’État cesse d’être un slogan creux.
L’autre promesse tient également : les élections. La communauté internationale, voyant les progrès, soutient la logistique et l’expertise technique. Le Conseil, sans complaisance, audite chaque offre de partenariat : transparence des contrats, contrôle citoyen, clauses de non-ingérence, audits indépendants. La probité est au rendez-vous de l’histoire qui, cette fois, ne bégaye pas.
À l’automne 2025, le décret électoral est publié et la machine électorale est prête. En décembre, le pays vote dans le calme, même là où, hier, régnait la peur. Les résultats sont globalement acceptés ; les contestations restent minimes, voire marginales.
Le 7 février 2026, le président élu prête serment. Les neuf (9) s’effacent sans triomphalisme et remettent leur Livre blanc : ce qui a marché, ce qui doit durer, ce qui reste à accomplir.
Soudain, des rafales d’armes automatiques déchirent la nuit : le rêve se brise net. Le réel reprend ses droits — brutal et implacable. Dans la version que je vis au quotidien, la transition est loin de ce tableau rêvé: les gangs tiennent encore la capitale, mais la PNH fait vaillamment front, avec un courage inversement proportionnel à ses moyens ; alors que les promesses s’usent et le rendez-vous électoral demeure hypothétique.
Pourtant, en moi persiste l'espoir nourri par ces images parlantes qui incarnent la méthode, le respect du service public, la transparence et la redevabilité, et, surtout, la décence retrouvée.
Ce rêve n’était pas une fuite, mais un rappel : celui que la transition qui s’ouvrira après le 7 février 2026 devra enfin rompre le cycle chronique de l’instabilité politique — et devenir l’ultime étape de la refondation nationale.
Elle devra, contrairement à la précédente, s’inscrire dans une dynamique préparatoire, posant les jalons nécessaires à l’avènement d’une administration et d’un gouvernement qui porteront en eux les germes d’un renouveau démocratique tant espéré.
Aux grands maux, les grands remèdes. Dès la première semaine, ils décrètent l'état de siège, ferment les frontières, interdisent le départ des anciens hauts responsables (ministres, directeurs généraux, administrateurs, comptables publics, etc.) et suspendent les rassemblements publics.
Ensuite, ils publient le Plan de transition intérimaire débattu — pendant un mois, de fin avril à fin mai 2024 — sur les réseaux sociaux, dans les médias et jusque dans la diaspora. De ces échanges naît une « feuille de route » affinée et appropriée par une Nation qui veut, cette fois, la dernière transition.
Dans la foulée, ils promulguent un décret-loi faisant de l'Unité de lutte contre la Corruption (ULCC) une institution indépendante chargée d'enquêter sans entrave. Cette mesure, acclamée par la population et immédiatement remarquée par les partenaires internationaux, donne d'emblée le ton d'une transition placée sous le signe de la transparence et de la redevabilité publiques.
Le 28 mai 2024, un Premier ministre, sobre et déterminé, décidé à n’être « que de passage », est désigné. Le 12juin, il installe un gouvernement composé de dix-huit (18) ministres — dont neuf (9) femmes — retenus après vérification de moralité et compétences.
Et la sécurité… Ah, la sécurité. Elle ne naît pas seulement des uniformes, mais d’un partenariat inédit : le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), celui de la Défense (MD) et de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), portés par trois (3) titulaires aux noms presque programmatiques — M. Stanley JUSTEMOT, M. Pierre-Michel BASTION et Mme Aisha DURE — unissent leurs efforts à ceux du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) et du Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme (MCFDF).
Ensemble, ils lancent une stratégie d’implication citoyenne audacieuse : réseaux de jeunes, brigades civiques, médiateurs et médiatrices de quartier, etc. Ce gouvernement comprend qu’on ne pacifie pas un pays contre sa jeunesse et ses femmes, mais avec elles. Le recrutement armé recule, remplacé par un encadrement institutionnel éclairé.
Aussi, le calme revient-il dans les territoires perdus : les barrages cèdent la place à des vigies d’alerte communautaires ; les routes sont rouvertes, les marchés relancés, les écoles deviennent régulières, les terrains de sport et de loisirs vivent, et la nuit recommence à respirer de l’ambiance socio-culturelle. La Police nationale d’Haïti (PNH), soutenue et auditée, reprend le dessus sur les gangs armés ; la justice et les programmes d’insertion socio-économique suivent, et l’autorité de l’État cesse d’être un slogan creux.
L’autre promesse tient également : les élections. La communauté internationale, voyant les progrès, soutient la logistique et l’expertise technique. Le Conseil, sans complaisance, audite chaque offre de partenariat : transparence des contrats, contrôle citoyen, clauses de non-ingérence, audits indépendants. La probité est au rendez-vous de l’histoire qui, cette fois, ne bégaye pas.
À l’automne 2025, le décret électoral est publié et la machine électorale est prête. En décembre, le pays vote dans le calme, même là où, hier, régnait la peur. Les résultats sont globalement acceptés ; les contestations restent minimes, voire marginales.
Le 7 février 2026, le président élu prête serment. Les neuf (9) s’effacent sans triomphalisme et remettent leur Livre blanc : ce qui a marché, ce qui doit durer, ce qui reste à accomplir.
Soudain, des rafales d’armes automatiques déchirent la nuit : le rêve se brise net. Le réel reprend ses droits — brutal et implacable. Dans la version que je vis au quotidien, la transition est loin de ce tableau rêvé: les gangs tiennent encore la capitale, mais la PNH fait vaillamment front, avec un courage inversement proportionnel à ses moyens ; alors que les promesses s’usent et le rendez-vous électoral demeure hypothétique.
Pourtant, en moi persiste l'espoir nourri par ces images parlantes qui incarnent la méthode, le respect du service public, la transparence et la redevabilité, et, surtout, la décence retrouvée.
Ce rêve n’était pas une fuite, mais un rappel : celui que la transition qui s’ouvrira après le 7 février 2026 devra enfin rompre le cycle chronique de l’instabilité politique — et devenir l’ultime étape de la refondation nationale.
Elle devra, contrairement à la précédente, s’inscrire dans une dynamique préparatoire, posant les jalons nécessaires à l’avènement d’une administration et d’un gouvernement qui porteront en eux les germes d’un renouveau démocratique tant espéré.
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