Drogue: Haiti face au narcotrafic

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Des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) présentant une saisie record de cocaïne en juillet 2025.
Et pour cause, plus d’une tonne de cocaïne (1 045 kg) a été interceptée en une seule opération par la PNH au large de l’île de la Tortue.

Ce coup de filet spectaculaire illustre l’ampleur du trafic de drogue qui traverse le pays. 

Le gouvernement américain a de nouveau classé Haïti parmi les principaux pays de transit de stupéfiants en 2023, soulignant l’omniprésence du narcotrafic sur Notre île.

Depuis plusieurs décennies, Haïti est un maillon majeur du trafic de stupéfiants, un phénomène qui s’est encore amplifié dans les années 1990-2000.

Aujourd’hui, la cocaïne venant de Colombie transite toujours par notre pays vers les États-Unis, le Canada ou l’Europe.

Cocaïne, crack, héroïne, méthamphétamines… toutes ces drogues circulent dans le pays, mais de manière inégale selon les rapports annuels de la CONALD.

La cocaïne transite en masse, mais n’est guère consommée localement (réservée à quelques privilégiés ou utilisée comme monnaie d’échange entre réseau financiers et gangs).

En revanche, la marijuana (souvent importée de Jamaïque) par la filière géographique du Grand Sud et le crack dominent la consommation dans les milieux défavorisés, tandis que l’héroïne et la « meth » ne sont signalées qu’à travers de rares saisies. 

Au sommet de ce écosystème criminel trônent les cartels latino-américains et leurs alliés haïtiens tant financiers que politiques.

Ils orchestrent l’arrivée de cargaisons par bateaux ou petits avions, exploitant les côtes non surveillées et les pistes clandestines.

Un petit cercle d’élites haïtiennes contrôle le trafic de drogue et blanchit ses recettes via des entreprises ayant pignon sur rue.

Les Pandora Papers révèlent qu’ils utilisent des sociétés-écrans offshore et des biens à l’étranger pour dissimuler leur fortune mal acquise. Leurs réseaux transnationaux couvrent Haïti, la Jamaïque et la République dominicaine, entretenant des flux illicites qui alimentent la corruption, les gangs et le blanchiment d’argent. 

En outre, grâce à des complicités dans l’appareil d’État, ils jouissent d’une quasi-impunité. 

Ces deux dernières années, de nombreux figures de la haute finance et hommes politiques, et non des moindres, ont été sanctionné par le Canada et les Etats-Unis pour leur rôle dans le narcotrafic et ses corolaires. 

Sous leur houlette, une nébuleuse de réseaux criminels locaux – gangs et fonctionnaires corrompus – prend en charge le transit sur le sol haïtien. 

Ces « intermédiaires » organisent l’acheminement des cargaisons du déchargement clandestin sur une plage jusqu’à l’expédition hors du pays.

À la base, une multitude de « petites mains » alimentent le réseau. Pêcheurs et habitants côtiers récupèrent des ballots en mer lors de déchargements nocturnes, tandis que d’autres servent de coursiers acheminant la marchandise en moto ou en camion à travers les montagnes via la République dominicaine jusqu’à certains ports du pays. 

Aujourd’hui, aucun recoin du pays n’est épargné. Du littoral sud aux confins du Plateau central, en passant par le nord-ouest, les trafiquants exploitent la moindre faille territoriale. 

Les autorités constatent, presqu’impuissants, une recrudescence des violences liées à la drogue ainsi que la prolifération de circuits locaux de blanchiment d’argent.

D’aucuns parlent d’une perte de contrôle face à un fléau tentaculaire qui profite sinon alimente le chaos économique et la dégradation sécuritaire du pays.

Faudra-t-il attendre que le président des États-Unis, soucieux de protéger ses propres frontières de ce fléau, décide de mesures régionales drastiques qui viennent aider le combat acharné de nos valeureux agents du BLTS ?

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