Le premier détail qui saute aux yeux dans l’avis officiel de la PNH (réf. : DGPNH/CAB/7837-N-21) est l’absence de date et de signature. Anonyme, vraiment ? Cette omission cocasse illustre le marronnage administratif habituel que d’aucuns assimilent à un trait, sinon une tare culturelle : communiquer sans laisser de traces officielles. On en sourirait si l’enjeu n’était pas si sérieux.
Sur le fond, la PNH ajoute de nouveaux filtres au processus de recrutement des aspirants policiers. Désormais, chaque candidat doit présenter deux (2) lettres de référence émanant de « personnalités notables » censées attester de sa bonne moralité – en clair, se trouver des parrains honorables pour entrer à l’École nationale de Police (ENP).
L’intention – améliorer la qualité éthique des recrues – semble louable. Mais ces critères demeurent d’un flou cosmétique, hautement subjectif.
Première exigence : au moins l’une des lettres doit venir d’un cadre de la PNH (grade IG à IM).Or, quel est le réel « bon renom » de nos gradés ? Sur quels critères juge-t-on infailliblement leur éthique ? Le public a en mémoire tant d’abus non sanctionnés que la caution d’un officier, fût-il haut placé, n’est pas gage d’intégrité.
Autre catégorie : les « leaders religieux », érigés en garants de vertu. Faut-il rappeler que la soutane ou le titre de pasteur n’immunise pas contre les dérives ? Les scandales impliquant des prédicateurs autoproclamés ne manquent pas : nombre d’entre eux abusent de la crédulité populaire. Confier aux figures religieuses le rôle de garants de la moralité publique, c’est oublier que la foi des fidèles a souvent été exploitée.
Quant à la mention touchant aux « écrivains » et « professeurs », la notion reste tout aussi nébuleuse. Qui valide réellement la bonne réputation de cette catégorie ? Avoir une « belle » plume ou un titre académique ne garantit en rien la probité.
Et que dire du fourre-tout « notable local », où n’importe quel influent du coin peut se parer d’une vertu exemplaire sans contrôle effectif, ni validation d’une « Société civile » non structurée et aux abonnés absents d’un écosystème de contre-pouvoirs et d’une culture de vigilance citoyenne en décrépitude ?
Au final, on peut douter que ces parrainages de convenance assurent l’intégrité des recrues. Deux lettres de recommandation, fussent-elles signées par des notables, ne remplaceront jamais une enquête de moralité approfondie ni un contrôle objectif.
En privilégiant la réputation empruntée d’autrui, la PNH confond la forme et le fond. Assurer la probité de nos forces de l’ordre commande des critères plus solides : la mise en place de paramètres biométriques couplée à une sélection fondée sur les faits et le mérite plutôt que sur de simples lettres de notables.
Pour sortir du registre des réputations empruntées et bâtir un recrutement cohérent, transparent et vérifiable, au nom de la transversalité de la « Jeunesse » et du civisme associé à cette notion d’engagement citoyen, le MJSAC ne pourrait-il pas être associé, à titre consultatif et sous garde-fous rigoureux (charte, critères publiés, traçabilité, audits), au recrutement de la PNH ?
Et, à ceux qui rappelleraient les scandales à répétition entachant la gestion de cette institution, nous arguerions que cette participation encadrée pourrait justement devenir un levier d’assainissement et de transparence plutôt qu’un risque.
L’intention – améliorer la qualité éthique des recrues – semble louable. Mais ces critères demeurent d’un flou cosmétique, hautement subjectif.
Première exigence : au moins l’une des lettres doit venir d’un cadre de la PNH (grade IG à IM).Or, quel est le réel « bon renom » de nos gradés ? Sur quels critères juge-t-on infailliblement leur éthique ? Le public a en mémoire tant d’abus non sanctionnés que la caution d’un officier, fût-il haut placé, n’est pas gage d’intégrité.
Autre catégorie : les « leaders religieux », érigés en garants de vertu. Faut-il rappeler que la soutane ou le titre de pasteur n’immunise pas contre les dérives ? Les scandales impliquant des prédicateurs autoproclamés ne manquent pas : nombre d’entre eux abusent de la crédulité populaire. Confier aux figures religieuses le rôle de garants de la moralité publique, c’est oublier que la foi des fidèles a souvent été exploitée.
Quant à la mention touchant aux « écrivains » et « professeurs », la notion reste tout aussi nébuleuse. Qui valide réellement la bonne réputation de cette catégorie ? Avoir une « belle » plume ou un titre académique ne garantit en rien la probité.
Et que dire du fourre-tout « notable local », où n’importe quel influent du coin peut se parer d’une vertu exemplaire sans contrôle effectif, ni validation d’une « Société civile » non structurée et aux abonnés absents d’un écosystème de contre-pouvoirs et d’une culture de vigilance citoyenne en décrépitude ?
Au final, on peut douter que ces parrainages de convenance assurent l’intégrité des recrues. Deux lettres de recommandation, fussent-elles signées par des notables, ne remplaceront jamais une enquête de moralité approfondie ni un contrôle objectif.
En privilégiant la réputation empruntée d’autrui, la PNH confond la forme et le fond. Assurer la probité de nos forces de l’ordre commande des critères plus solides : la mise en place de paramètres biométriques couplée à une sélection fondée sur les faits et le mérite plutôt que sur de simples lettres de notables.
Pour sortir du registre des réputations empruntées et bâtir un recrutement cohérent, transparent et vérifiable, au nom de la transversalité de la « Jeunesse » et du civisme associé à cette notion d’engagement citoyen, le MJSAC ne pourrait-il pas être associé, à titre consultatif et sous garde-fous rigoureux (charte, critères publiés, traçabilité, audits), au recrutement de la PNH ?
Et, à ceux qui rappelleraient les scandales à répétition entachant la gestion de cette institution, nous arguerions que cette participation encadrée pourrait justement devenir un levier d’assainissement et de transparence plutôt qu’un risque.
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