Brigadiers scolaires du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) : Un projet de volontariat civique dévoyé

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En repensant au silence troublant du MJSAC face au scandale provoqué par la sortie ignominieuse des élèves du lycée de Pétion-ville, le 17 octobre 2024, qui ont raillé le Père de la Nation dans les rues de la ville, une question m’a traversé l’esprit, un an jour pour jour après : que reste-t-il réellement des grandes initiatives censées incarner le civisme et la citoyenneté active ? Entre autres, où sont passés les brigadiers aux gilets fluorescents, jadis omniprésents dans les rues de la capitale et des grandes villes de province ?
Instauré en 1997, ce corps de volontaires d’action civique du MJSAC avait pour mission d’assister les écoliers et de promouvoir le civisme chez les jeunes. Ce service civique leur confiait des tâches citoyennes utiles :
  • Sécuriser la traversée des écoliers ;
  • Aider les personnes vulnérables ;
  • Participer à des activités d’utilité publique (reboisement, assainissement) ; et
  • Intervenir en cas de catastrophes.

En contrepartie, une allocation scolaire symbolique leur était versée, reflétant la philosophie du programme : former de jeunes citoyens tout en soutenant leur éducation. Depuis deux (2) ans, voire plus, ces brigadiers en chasuble jaune ou orange ont presque disparu des artères et des carrefours de la capitale, malgré les promesses médiatisées de relance.

Encore en 2025, l’actuelle titulaire du ministère, non avare de promesses creuses, promettait une nouvelle stratégie pour redéployer la brigade, mais sur le terrain, le constat est amer : le dispositif s’est totalement dénaturé. Un volontariat censé être transitoire est devenu un emploi permanent pour certains, avec des brigadiers en poste depuis plus de vingt-cinq (25) ans – aujourd’hui quinquagénaires – alors que la limite d’âge était fixée à 27 ans au départ.

La formation continue a été confiée à des entités non qualifiées sélectionnées par clientélisme, et le recrutement s’est accompagné de chantages (prélèvements illicites sur l’allocation, faveurs sexuelles imposées, etc.). Une enquête récente d’Ensemble contre la Corruption (ECC) confirme ces abus en révélant le rançonnement de jeunes bénéficiaires de programmes publics (PASOJEPS) par des cadres du ministère.

À l’instar de la Brigade scolaire, d’autres initiatives de volontariat du MJSAC, telles que les Agents multiplicateurs de changement (destinés à diffuser les valeurs civiques et citoyennes), semblent avoir périclité faute de soutien.

Ironiquement, les responsables du MJSAC prêchent le civisme tout en échouant piteusement à l’incarner.

L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) a récemment publié un rapport mettant en évidence un détournement de fonds impliquant directement la ministre Mme Niola Sarah Lynn Octavius. Ces scandales ternissent l’image de l’État et envoient un signal dévastateur à la jeunesse en quête de repères.

Un programme conçu pour inculquer le devoir civique et améliorer le quotidien des écoliers a donc été dévoyé, trahissant les idéaux du patriotisme et du Service public.

Au lieu d’offrir au public des modèles d’intégrité, les dirigeants actuels banalisent la corruption, compromettant l’engagement civique d’une jeunesse désabusée et découragée.

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