Avez-vous l’idée du coût du dispositif audiovisuel mobilisé pour la diffusion d’un match de haut niveau ?
Par exemple, pour l’Euro 2024, l’UEFA a déployé un plan d’environ 46 caméras par rencontre, dont des systèmes à très haute vitesse, complétés par des captations aériennes. Le son n’a pas été en reste :une douzaine de micros-canon encerclent le terrain, renforcés par des micros d’ambiance. Environ 1800 techniciens ont été mobilisés sur l’ensemble des sites pour la production, auxquels se sont ajoutées les équipes des cars-régie et d’un centre de diffusion principal (environ 21 000 m², près de400 techniciens) chargées d’acheminer le signal aux chaînes internationales.
Un tel dispositif a coûté plusieurs millions d’euros par match (on parle de 3 à 5 millions au sommet du football mondial).
J’évoque cet exemple « hors norme » parce qu’il illustre l’ampleur des moyens requis quand on vise le professionnalisme.
« Toutes proportions gardées », ces chiffres demeurent étrangers à la réalité haïtienne, mais ils ne doivent pourtant pas nourrir le fatalisme.
De fait, il ne s’agit pas de céder au « NOU LÈD NOU LA », mais de mesurer lucidement le chemin à parcourir pour hisser nos futurs championnats vers des standards crédibles.
Viser plus haut, c’est mieux de prendre la mesure de l’effort de modernisation à accomplir.
C’est pourquoi, je crois dur comme fer, en un compromis salutaire entre le Comité de Normalisation(CN) de la FHF et les clubs.
Certes, le rétablissement d’un climat sécuritaire durable demeure la condition sine qua non de la reprise continue des championnats.
Cependant, en attendant ce contexte, CN et clubs peuvent déjà travailler de concert autour de trois (3) chantiers indissociables:
- Statuts clarifiant compétences, contre-pouvoirs et obligations de transparence ;
- Élections pour légitimer les nouvelles instances dirigeantes du football haïtien;
- Plan quadriennal intégrant la mise en place d’une ligue professionnelle : règlements homogènes, critères de licences (infrastructures, finances, formation) et modèle économique réaliste (billetterie, droits, partenariats, production et distribution du signal).
Un tel consensus — dont j’ai ici brossé les contours dans mon article : « Fédération haïtienne de football (FHF): L'urgence d'une transition consensuelle » paru sur LE NATIONAL du 20 septembre 2025, rubrique Sport (https://www.lenational.org/post_article.php?spo=2038) — adresserait un signal fort de stabilité aux jeunes, aux Grenadiers, aux journalistes, aux supporters et aux partenaires internationaux : oui, nous savons dépasser les querelles d’appareil pour placer l’intérêt national au premier plan.
La réussite de cette transition ferait du football haïtien un repère, à condition que chacun — dirigeants de clubs, membres du CN, acteurs publics et privés — prenne la mesure des opportunités et se mobilise sincèrement.
L’enjeu est crucial : l’avenir du football haïtien repose sur cet effort collectif. Cet appel n’a rien d’une injonction irréaliste ; c’est une invitation ferme à la coopération.
Aux clubs, au nom de leur souveraineté, d’avancer avec le CN vers une formule consensuelle de Bureau fédéral, acceptable et validée par la FIFA, pour être prêts dès que la fenêtre sécuritaire rouvrira.
En évitant les écueils du « NOU LÈD NOU LA », nous pouvons redonner au football son rôle fédérateur.
Le temps est venu du consensus et de la responsabilité collective.
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