Génération Z – Ti moun 2000 : Si loin, si proche

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Hyperconnectée comme son alter ego mondial, la génération Z haïtienne, plus connue sous le pseudonyme aux connotations souvent péjoratives de “Ti moun 2000” assiste, pour le moment, impuissante au pillage des ressources qui lui sont destinées par des dirigeants empêtrés dans des scandales de corruption; à l’image, notamment, du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC).
Ces jeunes interconnectés sont-ils moins conscients ou moins manipulables que leurs homologues népalais ou d’autres ?

Fervents défenseurs des principes de non-violence et adeptes du dialogue contradictoire, nous demeurons l’espoir chevillé ai corps que des débordements, voire des soulèvements similaires à ceux qui ont tragiquement emporté le gouvernement népalais, ne voient jamais jour en Haïti.

Cependant, force est de constater que les jeunes évoluent dans un faisceau de contradictions exacerbées : un quotidien délétère, des attentes élevées et des institutions fragilisées. 

Cette “tension” explosive requiert, avant tout, une vigilance citoyenne pacifique, structurée mais exigeante, une réponse des pouvoirs publics responsables ainsi que des propositions pertinentes de la Société civile, trop longtemps muette et désorganisée.

Paradoxalement, la réponse étatique demeure étrangement incohérente, voire déconnectée : des programmes comme le PAPEJ ou le PIJE sont pilotés, respectivement, par le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) et celui de l’Économie et des Finances (MEF), et non par l’institution chargée de conduire la politique de la jeunesse (MJSAC). Pourquoi ? 

Est-il si difficile aux responsables du MJSAC de défendre la logique d’une gouvernance intégrée, pour que le PAPEJ et le PIJE soient gérés conjointement avec l’institution selon l’articulation stratégique qu’exige la politique de jeunesse ? 

Faut-il y voir — question posée sans procès d’intention — un manque de légitimité, de crédibilité, de compétence, ou simplement d’éléments de langage appropriés qui empêcheraient de soutenir un tel argumentaire ?

D’où une interrogation persistante : si le MJSAC est autant discrédité, pourquoi, au nom de la transparence, de la redevabilité publique et dans le respect de l’État de droit, ne pas dynamiser les mécanismes d’enquête, tirer les conséquences qui s’imposent et y placer des responsables compétents et honnêtes, capables de redorer son blason et de lui rendre sa posture d'autorité morale et stratégique que, tant bien que mal, on lui connaissait à ses débuts ?

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