MJSAC : L’URGENCE DE RESSOURCES HUMAINES (RH) A RECUPERER ET VALORISER

Déconcentration vs Décentralisation : le dilemme de l’opérationnalité des RH en « territoires perdus »

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Dans l’architecture organique du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), la déconcentration administrative incarnée par ses directions départementales, qui devrait constituer le bras opérationnel d’une nécessaire synergie avec les collectivités territoriales, est entravée par un processus de décentralisation inachevé, dont la fonctionnalité opérationnelle est confronté à la dictature d’un quotidien ponctué par une insécurité endémique. Au centre de cette tourmente, les ressources humaines (RH) des structures déconcentrées de l’institution– accompagnateurs de jeunes, intervenants sportifs et éducateurs civiques – négligées, voient leurs missions devenir irréalisables.
Le cœur de cette paralysie repose sur des défis interconnectés, dont ceux de la récupération, par les forces de l’ordre, des territoires perdus et la consolidation d’un climat sécuritaire permanent demeurent prioritaires.Sans sanctuarisation étatique des collectivités territoriales, programme de renforcement des capacités RH des directions départementales du MJSAC et une clarification de leur synergie avec les collectivités territoriales, toute transformation reste illusoire.
Face à ce flou systémique, les interrogations qui suivent participent d’une démarche analytique pour cerner la problématique clé : l’état critique des ressources humaines du MJSAC dans les collectivités territoriales : 
  • Comment les agents publics peuvent-ils accomplir leur mission d’encadrement de la jeunesse – notamment dans les quartiers abandonnés à la violence – quand l’insécurité force plus de 75% des agents publics susmentionnés à fuir les zones sensibles (Source : Rapport MJSAC 2023), abandonnant 42% des centres sportifs aux gangs. (Source: RNDDH)? 
  • Comment les délégations départementales peuvent-elles recruter et fidéliser des profils spécialisés (entraîneurs nationaux, médiateurs jeunesse, etc.) lorsque leur statut précaire et l'absence de grilles salariales adaptées les poussent vers le secteur privé, les organisations internationales ou l'exil ? 
  • Comment moderniser la gestion des agents terrain – aux métiers innovants comme « Agents de résilience communautaire » ou « Éducateurs en civic-tech » – sans plan de carrière ni formations adaptées aux crises haïtiennes (gangs, catastrophes, etc.) – d’autant que les dénominations spécifiques antérieures sont orphelines de cadre statutaire idoine, en adéquation avec la fonction publique haïtienne ? 
  • Comment les structures communales peuvent-elles intégrer l'expertise des agents publics du MJSAC (ex. : dans les programmes et projets de développement de la jeunesse, de promotion du sport, d’éducation civique, etc.) sans cadres légaux favorisant la mutualisation des compétences entre collectivités et directions déconcentrées ? 
  • Quel modèle de gouvernance partagée inventer pour éviter que des éducateurs sportifs communaux et départementaux ne dupliquent leurs actions dans le même espace géographique, comme illustré par la concurrence entre les projets « Jèn an Aksyon » du MJSAC et le programme « Sport Kominal » à Gonaïves ciblant les mêmes jeunes sans coordination, conduisant ainsi à une dilution regrettable des impacts sociaux ?
Ces questionnements révèlent des fragilités structurelles qui trahissent, en plus de la problématique sécuritaire existante,un manque de leadership stratégique d’autorités ministériellesincapables de transmettre à l’Unité de Coordination des directions départementales des orientations stratégiques claires permettant à leur titulaire d’enclencher, selon un discernement opérationnel, la structuration de ses services pour une articulation de relations fonctionnelles avec les collectivités territoriales (départements, communes, sections communales).Cette carence de pilotage transforme toute velléité de synergie déconcentration – décentralisation en un cercle vicieux d’inefficacité opérationnelle,imposant, dès lors, une refonte urgente de la gouvernance territoriale.
La déconcentration du MJSAC et sa coopération avec les communes reposent sur une réévaluation de leurs RH qui ne pourra s'opérer que dans un contexte territorial sécurisé. Investir dans ces agents spécialisés, c’est faire des politiques de Jeunesse, de Sport et de Civisme, le fer de lance de toute relance institutionnelle.
Si des pistes de réforme existent – issues d’études de terrain comme l’enquête sur « la relation entre les jeunes et les gangs armés » aujourd’hui cantonnée aux tiroirs du MJSAC – leur mise en œuvre reste illusoire sans la restauration d’un climat de sécurité durable. Et nos éventuelles préconisations, pour pertinentes qu’elles puissent être, resteront lettres mortes tant que les collectivités territoriales seront contrôlées par des gangs armés, menaçant la vie des agents publics et paralysant toute velléité de réforme, voire coopération effective entre l'État et les collectivités locales.
La sécurité n’est pas un complément aux réformes, elle en est la fondation.?

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