Dans les couloirs d’un terrain d’entraînement lors du rassemblement à Toronto, une vidéo, captée sur le vif par un paparazzi, a saisi une scène dont la spontanéité explique sans doute sa force virale. On y voit une femme en tailleur bleu marine serrer successivement dans ses bras et échanger quelques mots avec chaque membre de la sélection haïtienne de football. La séquence n’aurait sans doute pas suscité autant de buzz s’il s’était agi d’une opération de communication planifiée.
Mme Monique André, présidente du Comité de normalisation (CN), va bien au-delà des poignées de mainprotocolaires. Avec une empathie manifestement non feinte, elle embrasse, prend par l’épaule, et adresse à chacun des mots que les caméras ne captent pas, mais que les concernés semblent apprécier.
Cette scène devenue virale révèle une vérité souvent occultée : derrière les qualifications historiques de la sélection nationale et la prolongation du mandat du CN jusqu’en novembre 2026, se déploie une humanité, voire une maternité sincère, témoignant d’une gestion invisible aussi déterminante que les bilans comptables, les stratégies et les tactiques.
Le concept de « gestion vertueuse » a longtemps été réduit à ses dimensions technocratiques : transparence financière, infrastructures modernisées, structuration des catégories inférieures. Pourtant, l’anthropologie des organisations nous rappelle que tout pouvoir durable s’enracine aussi dans des économies de l’affect.
Le concept de « gestion vertueuse » a longtemps été réduit à ses dimensions technocratiques : transparence financière, infrastructures modernisées, structuration des catégories inférieures. Pourtant, l’anthropologie des organisations nous rappelle que tout pouvoir durable s’enracine aussi dans des économies de l’affect.
Aussi, Mme André incarne-t-elle cette dimension maternelle du leadership qui prend soin de cette famille élargie où les joueurs et joueuses, loin d’être de simples actifs sportifs, deviennent des « enfants » qu’elle protège, d’autant qu’une majorité des Grenadiers évolue à l’étranger, coupée de ses racines, soumise aux injonctions parfois brutales du marché international et à un exil qu’elle ne demande qu’à écourter par un retour à la normalité sécuritaire.
En réinstaurant une forme de filiation symbolique — saluant les parents présents, interpellant les joueurs par leur prénom, créant des rituels francs de reconnaissance — la présidente contribue à tisser ce que les sociologues appellent un « capital social relationnel », qui, tel un tissu invisible, éclaire autant que les compétences techniques du staff la cohésion observée lors des campagnes qualificatives réussies à tous les échelons.
En réinstaurant une forme de filiation symbolique — saluant les parents présents, interpellant les joueurs par leur prénom, créant des rituels francs de reconnaissance — la présidente contribue à tisser ce que les sociologues appellent un « capital social relationnel », qui, tel un tissu invisible, éclaire autant que les compétences techniques du staff la cohésion observée lors des campagnes qualificatives réussies à tous les échelons.
Dans un football mondialisé, souvent dominé par la brutalité des intérêts financiers, cette « gestion de l’affect » pourrait bien constituer l’avantage comparatif le plus précieux d’Haïti.
En rendant palpable cette empathie, la vidéo montre que Mme Monique André déploie une souveraineté douce mais efficace : celle d’une protection maternelle. Et les résultats sportifs suivent.
Le message est fort : on ne combat pas pour un employeur, on se bat pour sa famille.
En rendant palpable cette empathie, la vidéo montre que Mme Monique André déploie une souveraineté douce mais efficace : celle d’une protection maternelle. Et les résultats sportifs suivent.
Le message est fort : on ne combat pas pour un employeur, on se bat pour sa famille.
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