Ce qui a toujours préoccupé l’administrateur public que je suis, c’est de voir les Unités d’Études et de Programmation (UEP) — instruments cardinaux de planification et de suivi des investissements publics — se muer en alibis institutionnels soigneusement entretenus, où s’éteignent, faute de volonté politique et de données fiables, les ambitions programmatiques les plus légitimes.
Cette faille institutionnelle impose des interrogations aussi troublantes que révélatrices : Haïti se connaît-elle elle-même ? Maîtrise-t-elle ses données sur l’humain — jeunesse, femmes, enfants, groupes vulnérables —, sur l’énergie, la santé, l’éducation, l’emploi, les finances publiques et la croissance économique ? Celles-ci sont-elles simplement inexistantes, ou confisquées dans des rapports d’agences internationales qui décaissent en son nom sans lui rendre de comptes ? Une souveraineté par procuration, en somme — mais au profit de qui ? Comment, dans de telles conditions, espérer bâtir un système robuste de collecte de données, de mobilisation de ressources et de partenariats stratégiques, à la fois endogènes et exogènes, quand l’État lui-même est en état de déliquescence institutionnelle avancée ?
Notre pays s’enlise, malheureusement, depuis des décennies dans une spirale vicieuse : des résultats électoraux systématiquement contestés qui fracturent la légitimité du pouvoir élu ; un Conseil électoral permanent (CEP) inexistant, sacrifié sur l’autel des compromis politiciens ; des élections sans cesse différées qui vident les institutions de leurs titulaires légaux ; et des élus qui accèdent aux commandes sans vision stratégique, sans politiques publiques articulées sur les quatre piliers fondamentaux d’un plan de développement digne de ce nom — la gouvernance institutionnelle, le développement social, la stabilisation financière et la relance économique.
Ces quatre chantiers, indissociables, demeurent orphelins de toute vision cohérente et de tout porteur politique crédible.
Dans ce désert de volonté stratégique, la donnée publique n’a ni maître, ni mémoire, ni objectif, ni destin.
Alors, ne faudrait-il pas tout suspendre, refonder le pays, convoquer enfin des assises nationales qui permettraient de le repenser depuis ses fondations ?
Notre pays s’enlise, malheureusement, depuis des décennies dans une spirale vicieuse : des résultats électoraux systématiquement contestés qui fracturent la légitimité du pouvoir élu ; un Conseil électoral permanent (CEP) inexistant, sacrifié sur l’autel des compromis politiciens ; des élections sans cesse différées qui vident les institutions de leurs titulaires légaux ; et des élus qui accèdent aux commandes sans vision stratégique, sans politiques publiques articulées sur les quatre piliers fondamentaux d’un plan de développement digne de ce nom — la gouvernance institutionnelle, le développement social, la stabilisation financière et la relance économique.
Ces quatre chantiers, indissociables, demeurent orphelins de toute vision cohérente et de tout porteur politique crédible.
Dans ce désert de volonté stratégique, la donnée publique n’a ni maître, ni mémoire, ni objectif, ni destin.
Alors, ne faudrait-il pas tout suspendre, refonder le pays, convoquer enfin des assises nationales qui permettraient de le repenser depuis ses fondations ?
Cette idée, maintes fois évoquée, est séduisante — mais elle bute sur une réalité implacable : on ne peut planifier sereinement l’avenir quand le présent exige, chaque matin, de négocier sa propre survie dans des « territoires perdus » et des départements morcelés par l’insécurité chronique et la violence armée.
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