Au fil de mes lectures, une idée défendue par Albert Jacquard, généticien et essayiste humaniste, qui rappelle que la planète dispose de ressources suffisantes pour faire vivre dignement l’humanité, continue de me poursuivre. Là où le bât blesse, selon lui, c’est dans leur répartition et l’usage qu’en font les sociétés humaines.
L’uranium, sujet de toutes les convoitises récentes, incarne, d'une certaine façon, cette contradiction.
Dans l’imaginaire collectif, il évoque d’abord la peur dans l'ombre d'arsenaux et d'hommes responsables de destructions et tragédies qui ont douloureusement marqué l’histoire contemporaine.
L’uranium, sujet de toutes les convoitises récentes, incarne, d'une certaine façon, cette contradiction.
Dans l’imaginaire collectif, il évoque d’abord la peur dans l'ombre d'arsenaux et d'hommes responsables de destructions et tragédies qui ont douloureusement marqué l’histoire contemporaine.
Pourtant, dès qu’il sort du champ militaire pour entrer dans une filière civile rigoureusement encadrée, il cesse d’appartenir uniquement à l’univers de la menace pour devenir une ressource énergétique majeure, capable d’alimenter la production d’électricité à grande échelle.
Plusieurs pays européens l’ont d’ailleurs intégré, ces dernières années, dans leur stratégie de couverture énergétique, preuve que même craint, sinon redouté, il peut aussi être mis au service du progrès humain.
C’est à partir de cette ligne paradoxale, entre promesse civile et péril stratégique que surgit ma préoccupation citoyenne relativement à l’éventualité qu’Haïti puisse receler dans son sous-sol une matière stratégique comme l’uranium.
Plusieurs pays européens l’ont d’ailleurs intégré, ces dernières années, dans leur stratégie de couverture énergétique, preuve que même craint, sinon redouté, il peut aussi être mis au service du progrès humain.
C’est à partir de cette ligne paradoxale, entre promesse civile et péril stratégique que surgit ma préoccupation citoyenne relativement à l’éventualité qu’Haïti puisse receler dans son sous-sol une matière stratégique comme l’uranium.
Certes, le Bureau des Mines et de l’Énergie (BME) a bien recensé diverses ressources de notre sous-sol — or, cuivre, bauxite, lignite, énergies renouvelables — sans le mentionner officiellement l’uranium dans ses publications; ce qui laisse pourtant subsister, chez certains d’entre nous, un doute d’autant plus troublant que d’autres sources évoquent cette possibilité.
Aussi, cela me laisse-t-il perplexe tout en m’inspirant, avant tout, une inquiétude lucide; car l’évolution du monde enseigne que les minerais attirent souvent, bien avant les projets de développement, les convoitises les plus voraces.
En tout état de cause, l’histoire minière nationale invite à la retenue. La bauxite exploitée à Paillant par la Reynolds, près de Miragoâne, entre 1957 et 1982, avec près de 14 millions de tonnes extraites, alimente trois (3) interrogations majeures, l’une laisse perplexe ; les deux autres appellent à la prudence :
À ce stade, cette dernière question mérite d’être posée, surtout si le silence du BME relève moins d’un démenti formel que d’une omission officielle ou d’un savoir géologique encore lacunaire.
Aussi, cela me laisse-t-il perplexe tout en m’inspirant, avant tout, une inquiétude lucide; car l’évolution du monde enseigne que les minerais attirent souvent, bien avant les projets de développement, les convoitises les plus voraces.
En tout état de cause, l’histoire minière nationale invite à la retenue. La bauxite exploitée à Paillant par la Reynolds, près de Miragoâne, entre 1957 et 1982, avec près de 14 millions de tonnes extraites, alimente trois (3) interrogations majeures, l’une laisse perplexe ; les deux autres appellent à la prudence :
- L’exploitation de ce minerai industriel servant à la production d’aluminium a-t-il réellement permis l'essor de Miragoâne ou contribué, à la hauteur des promesses, au développement du Sud ?
- La découverte puis l’extraction éventuelle d’uranium en Haïti exposeraient-elles l’environnement, les populations avoisinantes et les travailleurs à des risques de radioactivité et à d’autres formes de contamination durable ? Et
- son exploitation servirait-elle le bien-être collectif ou réveillerait-elle plutôt les appétits géostratégiques, les prédations extérieures et ces désagréments néfastes dont les pays pauvres et les peuples fragiles font trop souvent les frais ?
À ce stade, cette dernière question mérite d’être posée, surtout si le silence du BME relève moins d’un démenti formel que d’une omission officielle ou d’un savoir géologique encore lacunaire.
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