Les hommes et les femmes au pouvoir aiment les miroirs. Plus ils s'élèvent, plus les reflets qui les entourent se déforment pour leur plaire. Chez les dirigeants (directeurs, directrices, ministres, présidents, rois, empereurs, etc.), l'entourage de flagorneurs témoigne, à leurs yeux, d’une popularité irrésistible qu’ils confondent avec une fragilité mal dissimulée. Ne sont-ils pas plutôt détenteurs d'autorité qui associent le nombre de leurs courtisans à la légitimité de leurs décisions ?
La mécanique, on la connaît depuis la nuit des temps. Directeur général au Ministère de la jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC), j'en ai moi-même subi l'attraction, pris entre l’étau des clans qui susurrent et les combines qui se déguisent en solidarité fraternelle. Ils espèrent tous un retour en capital : une oreille attentive, rien de mal, on est à l’écoute de tous, une signature complaisante, voire complice ; une promotion, une proximité, etc. En échange, vous recevez une version lissée de votre environnement pourtant enveloppé dans des goulets d’étranglement quotidiens, où les difficultés s'atténuent et où vos choix, quelles qu'en soient les conséquences, rencontrent systématiquement l'approbation.
Les flatteurs apportent leurs compliments. Les corrupteurs, se drapant en bienfaiteurs « éternels », arrivent en sauveurs et repartent en fossoyeurs, emportant avec eux ce qu'ils n'ont jamais cessé de convoiter. Aussi, l'illusion est-elle à la fois confortable et mortifère.
Et pourtant, le vrai risque du pouvoir tient moins à l'isolement qu'à la surpopulation complaisante. Un cercle trop large finit par devenir une chambre d'écho. Les angles morts se multiplient. Les signaux d'alerte disparaissent sous les silences, les murmures et les commentaires approbateurs. Ce que la sociologie du pouvoir nous enseigne, c'est que le thuriféraire ne ment pas toujours sciemment : il finit par croire ce qu'il dit, tant la proximité du « CHEF » reconfigure ses propres perceptions. Parfois même,paradoxe saisissant, la complaisance peut être sincère, structurelle, presque involontaire ; ce qui la rend infiniment plus dangereuse qu'un calcul cynique.
Faire le choix d’une sociabilité et d’un dialogue sélectifs exige une assurance rare. Il suppose tolérer le silence, le débat constructif, préférer une contradiction honnête à une adulation stérile ; et comprendre que la paix de son espace de travail vaut mieux que son animation factice. Maîtriser cet art filtre l'accès à votre énergie, mais vous commande la même rigueur que celle requise pour rédiger un rapport.
Aux dirigeants politiques actuels qui comptent encore leurs conseillers comme on compte ses troupes, voici ma mise en garde.
Demain, lorsque vos flatteurs auront décampé vers un autre bureau, vers un autre nom, vers un autre pouvoir, que restera-t-il de leurs louanges ? Seulement vous, face à vos dossiers.
Aussi, mieux vaut-il apprendre à dîner seul dès aujourd'hui !
Les flatteurs apportent leurs compliments. Les corrupteurs, se drapant en bienfaiteurs « éternels », arrivent en sauveurs et repartent en fossoyeurs, emportant avec eux ce qu'ils n'ont jamais cessé de convoiter. Aussi, l'illusion est-elle à la fois confortable et mortifère.
Et pourtant, le vrai risque du pouvoir tient moins à l'isolement qu'à la surpopulation complaisante. Un cercle trop large finit par devenir une chambre d'écho. Les angles morts se multiplient. Les signaux d'alerte disparaissent sous les silences, les murmures et les commentaires approbateurs. Ce que la sociologie du pouvoir nous enseigne, c'est que le thuriféraire ne ment pas toujours sciemment : il finit par croire ce qu'il dit, tant la proximité du « CHEF » reconfigure ses propres perceptions. Parfois même,paradoxe saisissant, la complaisance peut être sincère, structurelle, presque involontaire ; ce qui la rend infiniment plus dangereuse qu'un calcul cynique.
Faire le choix d’une sociabilité et d’un dialogue sélectifs exige une assurance rare. Il suppose tolérer le silence, le débat constructif, préférer une contradiction honnête à une adulation stérile ; et comprendre que la paix de son espace de travail vaut mieux que son animation factice. Maîtriser cet art filtre l'accès à votre énergie, mais vous commande la même rigueur que celle requise pour rédiger un rapport.
Aux dirigeants politiques actuels qui comptent encore leurs conseillers comme on compte ses troupes, voici ma mise en garde.
Demain, lorsque vos flatteurs auront décampé vers un autre bureau, vers un autre nom, vers un autre pouvoir, que restera-t-il de leurs louanges ? Seulement vous, face à vos dossiers.
Aussi, mieux vaut-il apprendre à dîner seul dès aujourd'hui !
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