LE FOOTBALL HAÏTIEN SOUS LES DIX (10) ANS DE GIOVANNI INFANTINO À LA FIFA

Peut-on parler d’effet domino du tandem Infantino – Comité de normalisation ?

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Le 26 février 2016, au congrès extraordinaire de Zurich, les délégués des fédérations nationales de la Fédération internationale de football (FIFA) mettent fin à l’ère Blatter en élisant leur neuvième président : Giovanni Infantino, dit Gianni Infantino.

Ancien secrétaire général de l’Union des associations européennes de football (UEFA), il s’impose au second tour avec 115 voix, au terme d’une bataille où des voix de la CONCACAF ont été décisives. Polyglotte et fin tacticien, il entame son mandat en promettant une « nouvelle ère » et la restauration de la crédibilité d’une institution éclaboussée par des scandales. Mais à peine installé, son nom apparaît dans les Panama Papers, en lien avec un contrat signé dix ans plus tôt à l’UEFA : un baptême du feu qui fragilise l’image de rupture annoncée, sans toutefois entraver sa prise de contrôle progressive d’une maison, encore secouée par des dysfonctionnements institutionnels et des tempêtes judiciaires, qu’il s’est engagé à corriger.


C’est le cas de notre football qui traversait une crise non seulement sportive, mais aussi institutionnelle et morale. En novembre 2020, Yves « Dadou » Jean-Bart est suspendu à vie pour des abus sexuels à l’égard de joueuses, dont des mineures. Infantino, le nez creux, réagit immédiatement en imposant un Comité de normalisation (CN) à la tête de la FHF. Après de brefs mandats de Michaëlle Jean, Jacques Letang et Luis Hernández, Monique André prend la présidence du CN, épaulée par Yvon Sévère et Gally Amazan — trois personnalités locales à l'abri des luttes de clans, dont le mandat court jusqu'en novembre 2026.

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Le CN ne s’est pas contenté de remettre de l’ordre dans les statuts et les comptes : il a aussi réinstallé la performance au cœur de sa mission, sinon du projet. En 2023, les Grenadières obtiennent une qualification historique pour la Coupe du monde féminine en Australie et en Nouvelle-Zélande, en dominant le Chili (2-1) lors du barrage intercontinental. Dans la foulée, les U-17 masculins participent au Mondial au Qatar, signe tangible que la reconstruction institutionnelle produit déjà des effets sportifs.


Le point d’orgue survient le 18 novembre 2025. Dans un contexte d’insécurité persistante à Port-au-Prince, les Grenadiers seniors valident, « à domicile » à Curaçao, leur billet pour la Coupe du monde UNITED 2026 en battant le Nicaragua (2-0), cinquante-deux ans après 1974. Une qualification qui dépasse le simple résultat : elle incarne le retour d’une ambition structurée, portée par un encadrement stabilisé et une gestion rigoureuse.

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Peut-on parler de l’effet du binôme INFANTINO-CN ? Si oui, il ne s'arrête pas là. Les U-17 masculins décrochent leur ticket pour le Mondial 2026 au Qatar. Les U-20, quant à eux, poursuivent leur quête. Au niveau féminin, les U-17 disputent la phase finale qualificative prévue au Maroc, et les Grenadières s’apprêtent à lancer leur campagne vers le Mondial 2027 au Brésil. La FIFA a joué sa partition en soutenant la normalisation via le programme Forward, mais la consolidation de cette dynamique positive exige désormais un engagement encore plus soutenu du secteur privé et des pouvoirs publics afin de garantir une préparation à la hauteur des ambitions d’un peuple qui souffre au quotidien.


Le président de la FIFA, qui n'a cessé de soutenir ce processus de normalisation, y voit la confirmation que la bonne gouvernance, même imposée d'en haut, peut porter ses fruits.


Pour Haïti, c'est une renaissance. Pour Gianni Infantino, une victoire politique précieuse dans son bilan décennal.

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